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Le jeu sur le bord du gouffre de la Corée du Nord : plus rien à perdre ou tout à gagner ?

La Corée du Nord se prépare « visiblement » à lancer un missile balistique « Taepodong » 2 dont la portée est encore inconnue mais qui semble être en mesure de dépasser 3000km .

Cette préparation s’accompagne, comme à l’ordinaire, d’une forte activité diplomatique. Le dernier lancement remonte au mois d’août 1998. Il s’agissait d’une fusée qui ne parvint pas à mettre en orbite un petit satellite. Puis dans le cadre des négociations à Six (Russie, Chine, Etats-Unis, Japon, Corée du Sud) sur ses capacités nucléaires, la Corée du Nord a proclamé un moratoire sur ses essais balistiques. Aujourd’hui, elle annonce que c’en est terminé. Sous entendu nous allons procéder au lancement. Oui mais...depuis quinze ans la diplomatie nord-coréenne est faite de sous-entendus qui manipulent la réalité. Comment interpréter cette nouvelle déclaration ?

Superficiellement, elle a valeur de provocation, une de plus, au niveau régional (Corée du Sud , Japon) mais tout autant à l’égard des Etats-Unis et de la communauté internationale inconsistante aux yeux des « hyper réalistes » de PyongYang. Elle suggère, plus profondément, une gesticulation dans la négociation avec les parties du groupe des Six pour obtenir les avantages espérés suite à l’accord de septembre 2005 qui tardent à venir.

Un tir pourrait aussi correspondre à un besoin militaire et technique réel de tester les nouveaux matériels : au bout de huit ans, militaires et ingénieurs doivent estimer qu’il est temps de faire un peu d’expérience réelle. Remarquablement, la capacité nord-coréenne n’a cessé de progresser. Il est logique et nécessaire qu’elle franchisse une nouvelle étape. Enfin le tir du nouveau Taepodong pourrait constituer l’annonce de l’avancée vers la capacité balistico-nucléaire tant redoutée. La menace nord-coréenne serait-elle plus grave que la crise iranienne ? Curieux de constater l’alternance des phases de crises tantôt ici et tantôt là. Cherchant, sans y parvenir, à regarder des deux côtés à la fois, la diplomatie internationale n’en est-elle pas réduite à loucher ?

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