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Dissuasion nucléaire, de quoi parle-t-on ?

François Géré est président de l’Institut français d’analyse stratégique (ifas).
La dissuasion est un mode d’action à but négatif aussi ancien que la guerre. Visant à interdire les velléités d’action d’un adversaire, il a été pratiqué avec plus ou moins de succès en raison de son caractère aléatoire. Il repose sur le calcul des probabilités connu dès le XVIIe siècle. En 1800, le mathématicien Pierre-Simon Laplace remarquait : « dans la conduite de la vie…il convient d’égaler au moins le produit du bien que l’on espère par sa probabilité, au produit semblable de la perte. »
Auparavant si un agresseur prenait le risque de transgresser la dissuasion classique et que son entreprise tournait mal il subissait une défaite mais n’en mourait pas. Avec l’atome, la dissuasion revêt désormais une toute autre dimension car la probabilité d’occurrence de la riposte nucléaire comporte le risque d’une perte exorbitante, dite insupportable, dépassant la valeur de l’enjeu.
Il doit être clairement entendu que la stratégie de dissuasion nucléaire n’apporte pas la paix absolue. Elle ne saurait éviter ni les conflits régionaux limités ni supprimer l’action terroriste.
Elle ne peut en effet s’exercer que dans le cas d’une attaque massive, quelle qu’en soit la nature, contre les intérêts vitaux du pays agressé. Ce « périmètre du vital » ne doit pas être défini restant à l’appréciation du chef de l’État de manière à placer le candidat agresseur dans l’incertitude. La stratégie de dissuasion nucléaire repose sur cinq principes. (...)
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