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Les nouveaux territoires stratégiques du cyberespace : le cas de la Russie - Kavé Salamatian dans Stratégique

Frédérick Douzet, Kévin Limonier, Jérémy Robine, Kavé Salamatian, Rémi Géraud et Romain Campigotto, Les nouveaux territoires stratégiques du cyberespace : le cas de la Russie, Stratégique, 2017/4.
Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (2013) identifie le cyberespace comme le cinquième milieu militaire après la terre, la mer, l’air et l’espace. La France, à l’instar des États-Unis et de plus en plus d’autre pays, considère désormais le cyberespace comme « un champ de confrontation à part entière » [1]. Ce nouveau milieu, généré par l’interconnexion planétaire de réseaux d’information et de communication en reconfiguration rapide et permanente, représente dans les discours militaires à la fois une menace stratégique, un terrain à défendre et un milieu dans lequel positionner ses forces pour assurer sa puissance.
Pourquoi représenter le cyberespace ?
Mener une réflexion stratégique pour penser la défense et la sécurité du cyberespace dans son contexte spatial se révèle primordial, car c’est en représentant ce nouveau milieu qu’on parviendra à mieux le comprendre et l’utiliser. La démarche est la même que pour les espaces déjà défendus par les différentes armées. Les cartes d’état-major sont utilisées depuis plusieurs siècles par les militaires pour établir leur stratégie et la conduite des opérations. La géographie a ainsi acquis une place majeure dans les stratégies militaires [2]. Cette connaissance fine de l’environnement peut conférer un avantage stratégique déterminant. Sa représentation se fait à l’aide de la cartographie, outil privilégié ici pour représenter ce nouveau « champ de confrontation ».
Contrairement aux autres milieux militaires toutefois, le cyberespace est très complexe à concevoir et plus encore à cartographier ou visualiser. Les outils conceptuels et cartographiques sur lesquels s’appuie traditionnellement la réflexion stratégique militaire sont insuffisants pour y retranscrire les dynamiques du cyberespace. Ce nouveau milieu d’opérations n’est pas un territoire classique de la géographie terrestre. Nous faisons l’hypothèse qu’il n’en possède pas moins une géographie qu’il faut s’efforcer de comprendre et des territoires qu’il est possible d’arpenter ou d’étudier, de conquérir ou de défendre et de représenter.
Et sa représentation cartographique est essentielle pour identifier les points de vulnérabilité, les enjeux stratégiques mais aussi le territoire de souveraineté, notion extrêmement complexe dans le cyberespace.
























































































