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Défense nationale et industrie d’armement : Français, encore un effort !

samedi 27 janvier 2007, par IFAS

La contribution de notre industrie d’armement à la défense de la France et la sécurité des français s’inscrit dans un cercle vertueux. Héritage d’une politique d’indépendance, champion technologique, cette industrie s’exprime dans toute sa diversité : grands groupes désormais de dimension européenne, PME/PMI, organismes nationaux comme la DGA, le Centre National d’Etudes Spatiales, le Commissariat à l’Energie Atomique, les grandes écoles d’ingénieurs, jusqu’aux formations de CAP et d’apprentis de l’Education nationale.

Notre industrie couvre aujourd’hui l’ensemble des compétences nécessaires à la fabrication des armes de la France : véhicules de combats terrestres, bâtiments de guerre (du patrouilleurs au porte-avions), matériels aéronautiques, missiles, fusées et satellites, équipements électroniques et technologies de l’information, jusqu’à l’arme nucléaire elle-même. Peu de pays dans le monde alignent dans le monde un tel éventail de savoir-faire.

Ce cercle vertueux s’inspire des principes fondamentaux de notre politique de défense : l’intégrité du territoire, la protection de la population, le respect des traités et des engagements internationaux conformément à l’Ordonnance du 7 janvier 1959 qui n’a rien perdu de sa pertinence eu égard à l‘ubiquité des menaces et à la récurrente diversité des missions.
La contribution de l’industrie d’armement à la défense des français s’apprécie donc au regard des risques, menaces et dangers de notre époque : terrorisme de destruction massive, prolifération de l’arme nucléaire, détournement de moyens civils à des fins d’agression,
A cela s’ajoute la nécessaire stratégie de précaution qu’il convient d’adopter à l’égard de l’émergence d’ensembles géopolitiques continentaux (Chine, Inde, Brésil,…), et du dynamisme technologique de nos alliés et partenaires, tandis que s’accroît le nombre de pays développant une industrie d’armement moderne et compétitive.

Ce cercle vertueux comprend les éléments suivants :

1 - Une contribution à la souveraineté de notre politique de défense et de nos choix de politique extérieure.

Sous l’égide du CEA-DAM, disposant de multiples savoir-faire industriel maîtrisés par les français en toute autonomie (science de l’atome, métallurgie, chimie, aéronautique, technologie spatiale, constructions navales, technologies électroniques et optiques), le développement de la force de dissuasion nucléaire s’inscrit totalement dans cette logique. Dans le registre de la souveraineté, il y a aussi la maîtrise des systèmes d’information pour la défense (architectures informatiques, logiciels, chiffre). Là aussi, l’information c’est le pouvoir. La maîtrise par les industriels français des grands systèmes de commandement et d’information (systèmes SIC et SCCOA) a permis en 2005 à la France de se hisser au niveau de « nation cadre » des Forces de réaction rapide de l’OTAN (NATO NRF) ou de l’Union Européenne.

2 – Une capacité réactive, autonome et souveraine à développer les solutions technologiques aptes à répondre aux nouvelles menaces, mais aussi aux besoins urgents des forces armées engagées sur un théâtre de crise. Ses ingénieurs, techniciens et ouvriers sont aptes à élaborer et produire très rapidement pour notre défense, tout en offrant une capacité d’analyse des risques et des menaces. Cela exige des organismes étatiques et de cette industrie dynamisme, volonté d’adaptation permanente et un haut niveau de créativité. Les exemples qui le démontrent sont multiples. On peut citer en particulier, les programmes de l’Union Européenne destinés aux développements de réponses aux menaces terroristes dans le transport aérien (SAFEE, CASAM) pour lesquels les sociétés françaises ont une position de leader, fédérant les autres industriels européens.

3 – Le moyen de soutenir dans la durée et de manière souveraine nos engagements extérieurs.

La fonction stratégique correspondant à la maîtrise des flux logistiques en soutien des systèmes d’armes sophistiqués déployés au sein des forces est plus que jamais, la clé de voûte de la réussite d’une opération.

4 - Une force pour l’innovation et l’activité industrielle de l’ensemble de la Nation par l’exploitation dynamique de technologies à usages civils et militaires. On y trouve aussi des applications pour l’environnement, par exemple avec les technologies spatiales. Cette activité est riche en emplois (2 millions de salariés concernés directement et indirectement, des milliers d’entreprises). Elle enrichit par ses développements le niveau scientifique du pays.

Citons : le lanceur Ariane, la future constellation européenne de satellites de navigation Galiléo, des programme scientifiques en matière spatiale et en océanographie, la recherche fondamentale sur la matière (une perspective nouvelle qui s’ouvrira avec le Laser Megajoule), les télécommunications, les transports, ou encore la recherche médicale (notamment en matière d’imagerie).

5 - Un atout pour notre place dans le monde, les exportations d’armements contribuant à notre influence, par la signature de partenariats stratégiques et d’accords de défense avec nos alliés à travers le monde. Pour notre économie, c’est un secteur riche en emplois très qualifiés.
En parallèle, l’existence de cette capacité industrielle limite considérablement les importations de matériels militaires, matériels coûteux, qu’il est nécessaire d’acquérir pour notre défense.

Citons les succès à l’exportation dans les secteurs aéronautiques (Mirage 2000, NH 90, Tigre, EC-135, drones Sperwer, modernisation d’aéronefs militaires,…), navals (frégates La Fayette, sous-marins Scorpène), des armements (missiles Exocet, Milan, Mistral), de l’électronique (systèmes avioniques, radios de combat PR4G, centres de contrôle du trafic aérien, solutions de sécurité intérieure).

6 - Ce savoir-faire est historique, les scientifiques français étant, tout au long de notre histoire, à l’origine même de nombres de technologies de défense.

Au Collège de France, Frédéric Joliot-Curie, avec son équipe, est l’un des pionniers de l’explosif nucléaire dès l’été 1939, comme le signale d’ailleurs Alfred Einstein dans sa Lettre au Président Roosevelt (2 Août 1939) sur la nécessité de développer une telle arme. En matière de propulsion aéronautique, Réné Leduc innove avec l’invention du statoréacteur avant la seconde guerre mondiale, principe que l’on retrouve sur le missile stratégique ASMP. En électronique, si la paternité du radar est partagée par nombres de scientifiques, notamment allemands et britanniques, deux Français se distinguent, Maurice Ponte et Henri Guitton par les innovations techniques qu’ils apportent.