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Présentation du séminaire "Guérilla"

jeudi 1er janvier 2004, par IFAS

Un séminaire animé par Thierry Widemann.

1. Pourquoi, aujourd’hui, reparler de la guérilla ?

De la guerre asymétrique à la contre guérilla (ou contre insurrection).
L’existence depuis 1990 d’une seule puissance militaire dotée de moyens conventionnels ultra-performants, soutenus par un budget militaire sans équivalent dans l’histoire (un demi-trilliard de dollars pour 2006, opérations extérieures comprises) constitue un phénomène sans précédent au regard duquel chacun, ami et ennemi, doit penser sa stratégie d’alliance ou d’hostilité.
Immédiatement après la fin de la guerre froide, les Etats-Unis ont recherché deux objectifs : interdire l’émergence de nouveaux « peer competitors » semblable à l’Union soviétique, se prévenir contre les stratégies asymétriques en prévenant les agressions contre leurs talons d’Achille. Cette stratégie constitue une tendance inscrite dans la longue durée visant en particulier l’émergence militaire de la Chine.
Mais aujourd’hui, personne ne peut affronter en une guerre conventionnelle les forces armées américaines, pour ne rien dire de leurs alliés, pris dans l’ambiguïté du gap technologique. (Les États-Unis en font reproche à leurs alliés Européens mais souhaitent-ils vraiment que cette insuffisance soit pleinement compensée, jusqu’à atteindre une parité qui permettrait l’autonomie stratégique ?).

En second lieu, les États-Unis ont décidé d’interdire à tout adversaire éventuel l’accès à des compensateurs de potentiels (le nucléaire et, plus largement les armes de destructions massives de nature chimique et bactériologique). Parmi ces compensateurs, il faut élargir la vision et considérer les technologies de pointe liées à l’électro-informatique. On doit se poser la question des acteurs étatiques ou non-étatiques qui seront capables de produire, acquérir et transférer ces savoir-faire.
Finalement, les Balkans, le 11 septembre 2001, l’Afghanistan et l’Iraq ont largement démontré que les modes d’action dits de « faible intensité » prenaient durablement le pas sur les affrontements classiques. La dissuasion nucléaire assurant une sanctuarisation, elle renforce la prédilection pour les stratégies indirectes.
Ce qui pourrait constituer l’avenir des 20 prochaines années.

L’asymétrie engendre la guérilla. Mais de quoi s’agit-il ?
La stratégie active d’interdiction des armes de destruction massive engendre des opérations d’interdiction qui conduisent à l’invasion, l’occupation, et de ce fait produisent, par contre-réaction, des guérillas multiformes, mélange de réactions primaires, quasi spontanées, objectivement combinées à des plans de résistance sur la longue durée, elles-mêmes rattachées à l’action d’États voisins et enfin, à des stratégies d’ONG violentes travaillant à l’échelle mondiale.
Il conviendra, bien sûr, de distinguer l’interventionnisme, l’ingérence et l’invasion.

On s’attachera à décrire ces phénomènes au long de l’histoire, dans leur diversité, au regard du milieu (la guérilla saharienne n’est pas celle de la jungle mais les méthodes et les principes restent très voisins.) et de l’élément (la guerre de course sur mer et dans une certaine mesure la guerre sous-marine allemande). La guérilla suppose une relation du faible devant le fort. Elle s’insère dans des contextes très différents, souvent comparables, rarement identiques. Cela conduira à un des objectifs fondamentaux de ce séminaire : la détermination des invariants.
On intègrera les mutations liées à l’exploitation possible et probable des technologies modernes. Parmi les milieux où la guérilla peut se développer, il y a le Cyberespace.


2. Nous proposons, en introduction, de considérer deux séquences ou deux déclinaisons de la guérilla au sein du grand ensemble formé par les affrontements de tous ordres.

- La première, empirique et scalaire, considère une échelle d’intensité. Mais cette échelle est mouvante en fonction des succès et des échecs. Ainsi, en cas d’échec dans le développement d’une guerre conventionnelle, on peut se rabattre sur la guérilla.
Qu’est-ce qui différencie terrorisme/guerilla/guerre conventionnelle ? Qu’est-ce qui les relie ?

- La seconde déclinaison est normative :
Elle considère une séquence : guérilla-petite guerre-guerre de partisans, et à chaque fois, la dialectique des réactions de contre guérilla. Nous nous emploierons à clarifier chacun de ces termes.

Il conviendra, chaque fois, de prendre en compte les moyens à disposition de l’adversaire, les technologies, les modes de pensées, les raisons d’agir... Un ensemble qui doit être rapporté aux capacités d’intervention, à leur pertinence, et à la manière de les orienter. Il importera de réfléchir sur les succès et les échecs, sur le mal chronique de l’impréparation, sur les processus d’adaptation. En ce qui concerne la contre-guérilla, nous réfléchirons sur la dimension psycho-politique en prenant en compte la dimension psychologique que les Britanniques nomment fréquemment « hearts and minds dimension ».


3. Déroulement du séminaire
(Mars 2005/Juin 2006)

Compte-tenu des objectifs retenus, il sera fait appel à de multiples compétences pour couvrir le temps et l’espace.
On s’attachera également à dégager les principes de l’art de la guérilla et la stratégie des moyens qui permet dans une subtile alchimie d’improvisation et de préparation de fournir les procédures opérationnelles et les moyens susceptibles de les servir au mieux.