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Dans la tête de Vladimir Poutine

vendredi 15 décembre 2017

La déclassification d’archives américaines a montré que l’OTAN avait bel et bien promis à Gorbatchev de ne pas s’étendre à l’est sur ses territoires. Une promesse dans le vent qui continue à refroidir les relations entre Russes et Occidentaux.

Atlantico : Lors des négociations pour la réunification de l’Allemagne durant la guerre froide, les Occidentaux avaient bel et bien fait la promesse à Gorbachev que l’OTAN ne s’étendra pas vers les pays de l’est. Une promesse qui a été réfutée pendant longtemps par l’institution qui la qualifiait de "mythe". Mais l’université George Washington a réussi, grâce à la déclassification de documents ces dernières années à attester l’authenticité de la promesse. Est-ce que cette promesse brisée suffit à expliquer le manque de confiance de la Russie et de Poutine envers l’Occident ou est-ce que cela lui sert plus de prétexte pour conduire sa stratégie de politique internationale ?

François Géré : A partir de 1989, les Etats-Unis et l’OTAN ont multiplié les promesses rassurantes à l’égard des dirigeants, Gorbatchev d’abord mais plus encore Boris Eltsine. De 1991 à 1993 on a cru que la dissolution du Pacte de Varsovie entraînerait celle de l’OTAN. Plus la Russie rencontrait de difficultés, plus se sont renforcées les pressions américaines en faveur de l’élargissement de l’OTAN. L’Alliance atlantique a créé des organismes intérimaires de partenariat pour la paix (PfP) associant tous les Etats de l’ex-Union soviétique. Eltsine a voulu jouer la carte d’une coopération avec l’Ouest permettant de conserver les reliques de la puissance soviétique. L’administration Clinton a accepté cette collaboration bilatérale principalement pour réduire la menace nucléaire stratégique de l’ex URSS. Mais en Europe, la plupart des nouveaux dirigeants des anciens Etats satellites ont voulu entrer dans l’OTAN afin d’y trouver une garantie de sécurité contre un éventuel retour de la puissance russe. Les dirigeants russes ont sous-estimé gravement le degré d’hostilité de leurs voisins. S’appuyant sur les communautés nationales résidant aux Etats-Unis, des lobbies se sont formés pour accélérer le processus d’adhésion à l’OTAN. Ils ont rencontré l’appui des « faucons » américains qui s’étaient donné pour but la suppression de l’influence russe sur le continent européen.

(...)

« Dans la tête de Vladimir Poutine : les vraies raisons pour lesquelles la Russie se méfie autant de l’Occident », Interview de François Géré, Atlantico.fr, 15 décembre 2017.


Photo : Extrait de Vladimir Poutine et Emmanuel Macron - © - www.kremlin.ru, 8 juillet 2017 - CC.