Revue de presse, semaine du 4 au 10 octobre

Proliferation

La semaine dernière, deux informations majeures ont touché le monde du missile et des antimissile : la finalisation d’une première tranche de la Missile Defense américaine et l’annonce d’une nouvelle version du missile iranien Shabab-3.

Selon des officiels du Pentagone, une petite partie de la MD américaine, comprenant 6 lanceurs antimissiles installés au cœur de la base de Vandenburg de l’Air Force, sera ainsi opérationnelle avant la fin de l’année. Le porte-parole de la Missile Defense Agency (MDA) Rick Lehner, a rapporté à l’agence AP qu’un « radar de suivi sur l’île Aléutique de Shemya et qu’un radar d’alerte avancée installé sur la base de l’Air Force de Beale (Californie) sont d’ores et déjà prêts, tout comme les centres de commandement de Colorado Springs et de Fort Greely ». Par ailleurs, Lehner a confirmé qu’un navire Aegis, partie intégrante de la MD, patrouillait dans la Mer du Japon afin de suivre un éventuel tir de missile nord-coréen.
Néanmoins, pour Loren Thompson, analyste au Lexington Institute (Washington), le système est loin d’être efficace : « en termes de symbolisme politique, le résultat est que le président Bush a atteint son objectif de déployer en quatre ans un système opérationnel de défense de la nation. Mais en termes de réalités opérationnelles, il s’agit d’un système très rudimentaire qui demande un bien plus grand nombre de tests et ne pourrait pas stopper une solide attaque contre la nation. »
En effet, parmi des problèmes de liaison et de connexion, le radar X-Band prévu pour discriminer les cibles des leurres à un niveau bien supérieur à celui des autres senseurs n’est pas attendu avant la fin de l’année 2005. Par ailleurs, la doctrine militaire relative à l’emploi de la MD en temps de guerre reste encore à élaborer et ce pour les semaines à venir d’après le Pentagone. Cependant, en dépit de la réelle incertitude planant sur son efficacité réelle ainsi qu’un coût global qui pourrait avoisiner les 100 milliards de dollars, la MD n’est plus un sujet de débat aux États-Unis, excepté peut-être quant à la vitesse de sa construction et la taille de la version finale.

Dans un entretien dévoilé par l’Agence de la République islamique, organe de presse officiel de l’Iran, l’ancien président iranien Rafsanjani a déclaré que la nouvelle version du missile Shabab-3 était désormais capable d’atteindre une cible à 2 000 kilomètres de son point de lancement, contre 1 300 km pour l’ancienne version. L’ancien président a aussi soutenu que ce nouveau missile n’était qu’une première étape vers un lanceur de satellite proprement iranien. Le gouvernement américain a imméditement réagi à ces déclarations en exprimant de « sérieuses inquiétudes ». Le porte-parole du Département d’État, Adam Ereli, a par ailleurs ajouté que le programme iranien de missile à longue portée «  était un sujet de préoccupation depuis un certain temps. »
Toutefois, d’après des experts interrogés par l’agence Reuters : « la volonté iranienne d’étendre la portée de ses missiles par-delà sa proche région ne signifie pas que Téhéran a pour objectif de pouvoir atteindre les capitales européennes et par la suite les Etats-Unis. »
Ces déclarations n’empêchent pourtant pas Israël de soutenir que l’Iran cherche à développer un nouveau Shabab-4 dont la portée lui permettrait de toucher l’Europe, même si Téhéran continue de nier l’existence d’un tel programme.